Chronique #1: Destiny – Cecelia Ahern

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« Parfois, il faut choisir l’imperfection pour être Parfait.
Dans le monde de Celestine North, chaque citoyen doit être Parfait. Quiconque commet la moindre erreur se voit marqué du sceau de l’Imperfection. Pour qui a pris une mauvaise décision : c’est sur la tempe.
Pour qui a menti : la langue.
Pour qui a commis un vol : la paume de la main droite.
Pour qui s’est montré déloyal : le cœur.
Pour qui s’est écarté du droit chemin : la plante du pied droit. Celestine mène une vie parfaite au sein d’une famille parfaite et au bras du petit ami parfait. Elle pense incarner l’idéal de la société. Et si Celestine s’était trompée ? Si c’était le système lui-même qui était Imparfait ? « 

Merci aux Editions Hachette Romans pour l’envoie de ce livre numérique! Cela n’influence aucunement la chronique ci-dessous, qui est le reflet de mon opinion sur ma lecture 😉


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Ça faisait un bon moment que je n’avais pas lu de dystopies (à part Autre Monde il y a quelques mois), ce n’ai pas vraiment mon genre de prédilection, et souvent je les trouve répétitives dans leur narration (ce qui est aussi une des caractéristiques du genre après tout). Mais ici…Un vrai coup de cœur! Pour l’héroïne déjà, qui réalise que son monde n’est pas aussi simple qu’il n’y parait, qui nous fait découvrir avec elle toute la cruauté dont est capable l’être humain, en fonction des circonstances, et qui petit à petit, prend conscience de son propre pouvoir de choisir. Suivre le point de vue de Célestine, ses croyances qui se transforment en doute, ses peurs, sa solitude, ça m’a touchée, mais surtout je pense que ça permet de vraiment ce rendre compte de ce que nos actions peuvent provoquer. En expérimentant, on comprend. En comprenant, on ne peut plus accepter.

Un coup de cœur aussi pour l’histoire en elle-même, la dystopie créée par Cecelia Ahern, pas de nouvelles technologies futuristes, pas d’extraterrestres, simplement des hommes, ayant pris des décisions à un moment où il y en a eu besoin.
Il en découle, pour moi, deux niveaux dans ce livre: le premier, une critique de notre recherche éternelle de perfection, du fait que dans notre société, les erreurs sont très mal acceptées, et jugées. Par soi et par les autres. Alors que comme l’un des personnages le dit, les erreurs peuvent être des leçons qui nous font avancer. Quand le monde nous pousse à l’uniformité, nos imperfections sont aussi ce qui nous rend uniques, et au final, bien plus humains. C’est ce que l’on apprend dans ce livre.

Mais il y a aussi un deuxième niveau encore plus intéressant sur lequel se pencher: dans Destiny, les Imparfaits sont marqués, dans leur chair mais aussi à l’aide d’un brassard. Ils sont inscrits dans des registres. Ils ont des places attitrées, des rangées réservées dans le supermarché, etc… est ce que tout ça ne vous rappelle pas quelque chose?
Moi oui. Le traitement réservé aux juifs et à bien d’autres pendant la seconde guerre mondiale. La ségrégation raciale aux Etats Unis. Ça commence comme ça, la séparation en catégories de personnes, des dénonciations, des jugements, l’identification. Ce qui augmente la haine générale de la population, et nous amène à considérer comme normale la façon dont d’autres êtres humains sont traités. Cette acceptation sociale est notre faiblesse en tant qu’êtres humains. Petit à petit, on en vient à intégrer des choses qui nous auraient parues abominables auparavant. Ou à préférer fermer les yeux qu’affronter l’injustice. Parce que ce n’est pas notre problème mais celui de l’autre, parce que la personne l’a peut-être mérité, qui sait. Combien vont par exemple rester inactifs face à un abus ? Un jeune harcelant une fille dans le bus ? Parce que c’est plus facile que de s’impliquer, de faire semblant qu’on ne voit pas. C’est aussi ça que dénonce ce livre, ce qui en fait une lecture particulièrement adéquate avec notre actualité!

J’ai tellement aimé ça dans ce livre, que l’auteur nous montre la noirceur humaine, ce dont nous sommes capables, au nom d’une société. Mais aussi qu’il y a toujours de l’espoir, que certains n’oublient pas ce qui devrait être, ou se révoltent contre ce qui est. Ce livre nous confronte aux abus pouvant être commis au nom d’un plus grand bien, et surtout acceptés par la majorité. Il montre aussi qu’il est toujours possible de réfléchir, de s’interroger et de sortir des normes fixées. Et que donc, nous sommes bien les responsables de ce que nous décidons de faire ou d’accepter.

Cette lecture m’a bouleversée, elle m’a rappelé des choses que je savais déjà oui, mais en me les faisant vivre avec Célestine; qu’il faut toujours se poser des questions sur ce qui se passe autour de nous, et se souvenir que nos choix sont les nôtres, que ne pas agir et laisser faire, c’est déjà un choix en soi. A nous après de faire le bon!

A très bientôt mes petits dragons!

Elise ♥

 

 

5 réflexions sur “Chronique #1: Destiny – Cecelia Ahern

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