Le festival de la BD de Montréal 2020: Prix Bédélys étranger

FBDM-VIRTUEL-2020_Affiche_finaleHello les dragons! Aujourd’hui, on parle BD! Parce que en mai a lieu Festival de la BD de Montréal! Cette année, vous vous en doutez, pas de festival physique, mais on en aura un virtuel du 22 au 24 mai, avec une programmation vraiment pas mal (vous pouvez la découvrir ici).

En partenariat avec eux, je suis ravie de vous présenter 5 des BD adultes étrangères qui ont été choisies comme finalistes du Prix Bédélys étranger (qui récompense la meilleure bande dessinée en langue française hors Québec).  Au vu des circonstances que nous vivons, je n’ai malheureusement pas pu avoir accès à tous les finalistes (la liste complète est disponible ici) , mais je vous propose de découvrir le petit classement personnel de mes lectures, de la dernière à la première place. A voir à quel point ça correspondra au choix du jury (J’ai des gros doutes haha)!

5. Sabrina – Nick Drasno

sabrina1« Séparé de sa femme et sa fille, Calvin accueille Teddy un ami d’enfance en dépression dont la petite amie Sabrina a disparu mystérieusement. Travaillant au sein de l’armée de l’air américaine dans un service informatique de décryptage de messages de hackers mal intentionnés, il découvre peu à peu les mensonges et suppositions qui parcourent les réseaux sociaux sur cette disparition. Un jour, le journal local reçoit une cassette vidéo sur laquelle Sabrina est tuée en direct par un homme cagoulé. Malgré ses images très vite présentes sur internet, cette tragédie est déformée par des théoriciens du complot dont les récits dégénèrent peu à peu. « 

     Cette BD a reçu le prestigieux prix Man Booker… et pourtant ça a fait un gros plat pour moi! Je peux pardonner les dessins très simples, au point qu’on reconnaisse à peine les personnages, et penser que c’est un parti pris artistique. Par contre, je ne peux pas pardonner l’intrigue: elle s’oriente autour de la disparition d’une jeune femme Sabrina. Jeune femme que l’on retrouve ensuite assassinée, la vidéo de son meurtre étant partagée en ligne. S’en suit alors une médiatisation très difficile à vivre pour tous les proches de la jeune femme: théories du complots, menaces, et j’en passe, ce n’est pas beau à voir.

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Et l’on voit bien que l’auteur veut dénoncer le sensationnaliste des médias actuels, la recherche du frisson, au prix de la décence humaine. Mais pour moi, ça n’a pas marché. L’auteur survole le thème, par le biais de différents personnages souffrant de la situation, mais il ne va en profondeur nulle part. Oui on a un sentiment de malaise en lisant, mais c’est comme si l’auteur exposait des faits sans susciter de réflexion chez son lecteur.

4. Préférence système – Ugo Bienvenu

CVT_Preference-systeme_5267En 2120, le data est devenu si volumineux qu’il faut commencer à effacer des données. Toute archive frappée d’un visa d’élimination par le corps des « Prophètes », chargé d’opérer les choix cruciaux, doit être supprimée. Yves, archiviste humaniste du Bureau des Essentiels, ne peut s’y résoudre. Pour les sauver de l’oubli, il sauvegarde clandestinement certaines données, plus poétiques que politiques, et les rapporte chez lui pour les stocker dans la mémoire de Mikki, son robot domestique. Une infraction grave à l’éthique de sa profession. Les progrès de l’intelligence artificielle ayant par ailleurs permis de confier la charge de la gestation pour autrui (GPA) aux machines, Mikki, bot hermaphrodite, porte l’enfant d’Yves et Julia, son épouse. Cependant, au Bureau des Essentiels, des fuites ont été décelées et une vaste enquête est lancée parmi le personnel.

Bon, le résumé vous raconte déjà la moitié de l’histoire, mais je vous promets, cette BD vaut vraiment le coup! J’aime toujours voir la façon dont les romans futuristes ou de science-fiction nous présente l’évolution suivi par l’humanité. Ici, la place pour les données est un facteur limitant, entraînant la destruction d’œuvres destinées à l’oublie, pour faire la place à ce dont l’humain semble avoir besoin pour le moment: ainsi, pour garder des photos de vacances, on s’en va supprimer de la mémoire collective 2001, l’Odyssée de l’espace.
Heureusement, un employé du Bureau des Essentiels est prêt à tout pour sauver les dernières traces d’une humanité qui était capable de s’unir dans un amour des grandes œuvres artistiques. Prêt à tout car il finit par en mourir, pourchassé, avec sa femme. Heureusement, leur robot Mikki survit. Et Mikki porte en son ventre le bébé du couple (j’ai adoré cet aspect de l’évolution d’ailleurs, très intéressant!), et la mémoire des œuvres qui auraient dues être détruites! Une fois le bébé né, Isi, Mikki va l’éduquer, lui apprendre tout ce que son père a sauvé au prix de sa vie. Jusqu’à ce qu’on les retrouve….

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Ce roman fait vraiment réfléchir sur les chemins que nous prenons, l’importance relative que nous donnons aux choses, et ce que nous serions prêts à sauver. Il nous rappelle aussi le pouvoir de l’art: le pouvoir de faire rêver, et de nous transmettre des valeurs que tout le monde peut comprendre, unifiant l’humanité à leur façon!
Vous me direz, pourquoi une 4ème place seulement pour cette BD? Et bien, parce que malgré le fait que j’ai adoré le thème et que je pense que cette BD vaut absolument la lecture, elle n’était pas non plus particulièrement originale par rapport à celles qui suivent 😉

3. Enferme-moi si tu peux – Pandolfo et Risbjerg 

51QkrFOf9dL._SX195_Six récits de vie étonnants qui interrogent sur des capacités trop rarement explorées de l’esprit humain.
Entre la fin du XIXe et le milieu du XXe siècle, femmes, pauvres, malades et fous n’ont aucun droit. Parmi eux, Augustin Lesage, Madge Gill, le Facteur Cheval, Aloïse, Marjan Gruzewski et Judith Scott sont enfermés dans une société qui les exclut. Ils vont pourtant transformer leur vie en destin fabuleux. Un jour, du fond de leur gouffre, une inspiration irrépressible leur ouvre une porte. Sans culture, sans formation artistique, ils entrent comme par magie dans un monde de créativité virtuose. Touchés par la grâce ou par un « super-pouvoir de l’esprit », ils nous ont laissé des œuvres qui nous plongent dans un mystère infini.

Dans cette BD hors-norme, on découvre 6 artistes qui ont su s’élever au delà de leur condition: pauvreté, être née une femme, problème de santé mentale ou encore déficience intellectuelle… les 6 personnes présentées dans ce livre ont su s’exprimer par le biais de leur art, chacun à leur façon. Page après page, on découvre leur histoire: Augustin Lesage, Madge Gill, le facteur Vheval, Aloïse, Marjan Gruzewski et Judith Scott.
J’ai beaucoup aimé découvrir ces destins hors du commun, inspirés par une voix mystérieuse, des fantômes ou une pulsion intérieure, tous poussés vers l’art. Parle-t-on de folie, d’incompréhension des pairs, ou encore de stratégie de survie, on ne peut en être sûr!

Ce qui rend cette BD encore plus unique, c’était la façon dont l’histoire était racontée, comme si les artistes se retrouvaient pour prendre le thé et partager leur histoire.
Les planches bien entendu sont tout aussi magnifiques! Alternant couleurs et teintes plus sombres, s’adaptant au style de chaque artiste pour nous entraîner dans ce que fut leur vie.
Par contre, je me suis dit que, même si c’était un choix, l’interprétation allait parfois un peu loin. D’où la 3ème place :p

2. Dans un rayon de soleil – Tillie Walden

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Aux confins de l’espace, Mia s’engage sur un vaisseau dont l’équipage restaure des structures architecturales du passé. Alors qu’elle semble y trouver une nouvelle famille, ses souvenirs refont surface cinq ans auparavant, elle a rencontré Grace au pensionnat et en est tombée éperdument amoureuse…

    C’est une bataille serrée entre la première et la deuxième place! Parce que j’ai vraiment BEAUCOUP aimé Dans un rayon de soleil! On y suit Mia et son équipe spatiale, composée de femmes et d’une personne non-genrée, qui réparent d’anciens bâtiments. L’univers décrit y est bien particulier: que des femmes, sans qu’on sache vraiment pourquoi ni comment (sauf le personnage d’Elliot, j’y reviendrais), un mystérieux Escalier qui serait l’origine de l’univers, des planètes habitées à travers la galaxie, et enfin, une histoire d’amour. Et oui, peu importe le où et le camp, l’amour est toujours là! En particulier, celui de Mia pour Grace, qu’elle a rencontré en pension, puis que sa famille est revenu chercher en catastrophe, sans que les deux jeunes filles puissent se faire leurs adieux. Mia ne s’en est jamais remis, et, des années plus tard, elle va se lancer à sa recherche, peu importe les dangers.

Si j’ai mis un peu de temps à reconnaître les différents personnages, j’ai tout de suite adoré les planches, avec leurs couleurs si spécifiques, nous mettant dans une ambiance spatiale assez particulière. J’ai voyagé avec Mia à travers l’espace, mais aussi le temps: nous découvrons en effet son passé en alternance avec le présent, ce qui l’a amené sur ce vaisseau et comment elle a rencontré Grace. Chemin faisant, nous comprenons aussi un peu plus l’univers dans lequel nous sommes plongés au fil des pages.

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La représentation LGBTQ est au top dans ce roman: dans un univers de femmes, forcément les couples se font au féminin 😉 Mais en plus de cela, nous avons aussi Elliot, qui ne se reconnait dans aucun genre et est identifié par « iel », un pronom neutre que l’on ne voit encore que très rarement en français.

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Mon seul souci était la précipitation de la fin et certaines résolutions un peu rapide, mais je les pardonne face à l’originalité de cette BD, tant pour l’histoire que pour le visuel!

1. Les entrailles de New York – Julia Wertz

Les-entrailles-de-New-YorkUne exploration graphique de l’architecture, des bâtiments, des façades et des sous-sols de New York. Avec humour, l’illustratrice émaille son récit historique d’anecdotes sémillantes : l’avorteuse légendaire de la Cinquième Avenue, la tueuse en série Lizzie Halliday, la prohibition des flippers et l’évolution des transports par tubes pneumatiques.

Je ne vais pas vous mentir, je pense qu’une partie de ce qui explique ce premier choix, c’est que le mois dernier, j’ai lu The City we became, qui parle justement de New York, de ce que cette ville est, de sa diversité. Et donc, j’étais plus que prête à me replonger au coeur de cette ville, qui me fait peur et me fascine à la fois, pleine d’histoire(s) et de beauté(s).

Avec les entrailles de New York, j’ai voyagé à travers la ville, navigué entre faits historiques et anecdotes, d’un quartier à l’autre, à la découverte de cette ville unique. Le tout avec une belle pointe d’humour. J’ai par exemple découvert que le pinball avait été illégal à New York pendant plusieurs années, l’origine de la Dead Horse Bay, ou encore que le papier toilette y aurait été inventé en 1857. Le Scrabble (1949) et les Hot Dogs (1860) aussi d’ailleurs, entre autre choses!

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Au delà des faits historiques, on découvre aussi les plus anciens bâtiments de la ville, l’évolution des quartiers à travers le temps, ou encore une sélection des meilleures librairies indépendantes de la ville (vous vous en doutez, j’ai noté les adresses!).

Ce roman offre un guide de New York unique, nous permettant de découvrir la ville d’une façon atypique, mais aussi pratique. Je sais déjà que d’ici ma prochaine visite à New York, je vais l’utiliser pour noter des endroits historiques à voir, des nourritures à tester, et bien d’autres choses encore! Je trouve qu’apprendre New York, grâce à des petites et grandes histoires, rend la ville plus humaine (on retrouve ici l’influence de The City we Became haha!).
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Enfin, au niveau visuel, le livre est tout simplement sublime! Alternant des pages avec plus de texte et d’autres composées d’une seule illustration, ce qui rend la lecture plus agréable et dynamique. Vous l’aurez compris, ce roman graphique est un coup de coeur pour moi!


Et voilà!! Bravo à vous si vous avez lu ce long article, j’espère en tout cas qu’il vous aura plus! Je serais curieuse d’avoir votre avis: connaissiez vous ces BD? En avez vous lu certaines? Allez vous assister au Festival Virtuel?

Des bisous pailletés,

Elise

4 réflexions sur “Le festival de la BD de Montréal 2020: Prix Bédélys étranger

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